Franz avait fini par s’endormir. Il y avait dans son sommeil quelque chose d’éternel qui faisait passer ces instants de somnolence, enchainant la nuit, pour des heures longues et glaciales. Un claquement venait de rompre son engourdissement. Le loquet de la portière de la voiture se soulevait. Quelqu’un essayait, vraisemblablement de l’extérieur, d’entrer dans le compartiment. Le bruit sec de la poignée avait crié dans le silence engourdi de la cabine où Franz et Baum s’étaient assoupis. Franz sursautait, les mains agrippées sur les accotoirs de son siège, ses ongles s’enfonçant profondément dans le bois. Il en avait mal aux extrémités des phalanges. Il gardait les yeux rivés sur la poignée qui remuait de bas en haut. La locomotive faisait entendre son ronflement et personne d’autre dans la cabine n’avait semblé avoir entendu l’intrusion. Le loquet claquait une dernière fois, laissant cette fois-ci la portière s’ouvrir. Le regard de Franz quittait enfin la poignée pour se diriger e...