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Showing posts from March, 2015

Türkiye

Nous sommes arrivées à minuit vingt et pas une seconde après. Aucun retard n’avait entaché notre arrivée sur le sol tant convoité. Un homme grand nous attendait au pied de cet avion qui venait de nous recracher ; son menton haut et une pancarte à la main sur laquelle notre nom fort et fier était inscrit en lettre capitale, un tréma planant au dessus de cette jolie voyelle ondulaire. Lorsque nous nous sommes approchées de lui, il a souri et immédiatement a souhaité se rendre serviable et porta l’une de nos valises en bandoulière. Il portait également 3 ou 4 mots d’anglais en bandoulière, dont il se servait à chaque fois qu’il souhaitait nous adresser la parole puis il agrémentait avec des phrases en turc que nous ne comprenions pas. Dans la voiture, il expliquait et racontait sa ville, nous suivions ses explications en tournant la tête tantôt vers la gauche, tantôt vers la droite pour permettre à la ville d'illustrer ses paroles. Nous sommes arrivées dans un quartier d...

...une page a été arrachée à un livre inconnu qui porte le titre « Chambers Ville »... c'est la page 47...

... nuit déjà depuis deux bonnes heures. La route monotone dessinait sur le bas-côté droit des traits blancs qui glissaient sous les roues de la Chevrolet pick-up de Shawn.   Plus personne ne parlait dans l’habitacle. Tara et Shawn avaient dû s’endormir sur la plage arrière. Aurélie conduisait, c’était la première fois qu’elle prenait le volant dans ce pays et ce n’était clairement pas la même chose que de conduire sur les petites routes de campagne du vieux continent. Julie restait silencieuse et fatiguée. Même si elle se sentait exténuée, elle était trop nerveuse pour se laisser aller à fermer l’œil. Ses paupières devenaient de plus en plus lourdes mais elle résistait. Le bébé semblait s’être calmé et ne donnait plus de coup de pied. Shawn se réveillait enfin, « Je vais prendre le volant, on est presque arrivé » dit-il sèchement mais dans un bâillement. La route était déserte et sombre. Seuls les phares de la Chevy l’éclairaient. Aurélie s’arrêtait sur le bas-cô...

انت عمری

Une petite fille de 10 ans, habillée en garçon, s’apprête à chanter devant un auditoire aussi attentif que plongé dans la prière. La petite fille, que son père travestit pour pouvoir chanter en public, souffle les louanges faites au Dieu des humains jusqu’aux portes du ciel et au fond des âmes. Les prières des fidèles sont portées par la voix plaintive de ce jeune zéphyr. Elle entonne les chants psalmodiés du Coran au cours de fêtes religieuses du Delta du Nil. « L’astre d’Orient » est né. « Oui, papa, j’entends ! Mais personne ne chante. » Dis-je assise en tailleur sur la fine moquette du couloir de notre appartement avec une once d’impatience dans la voix. Mon père est assis à côté de moi, à même le sol aussi. Son dos est plaqué contre le mur et contre celui d’en face, je vois ses grands pieds qui battent la mesure sur le disque qui passe sur notre platine vinyle Dual. La pochette du disque que nous écoutons, lui et moi, est posée contre le mur, à côté...