Il fait très sombre dans la voiture. Les passagers sont tous silencieux, sauf pour le vieux monsieur, à la moustache anachronique, qui s’est installé à côté d’eux au départ du train, et qui maintenant ronfle si fort que son épais rideau capillaire se soulève à chaque respiration. Tout le monde semble dormir. Une forte odeur de pieds et de transpiration leur pique les narines. Les sièges de cuir usés et vieillis par l’incommensurable nombre de voyageurs qui ont emprunté ce train de nuit avant eux, sont inconfortables, et dérangent le silence par ce chuintement qui surgit dans la pénombre à chaque fois que l’un deux bouge. Franz chuchote à l’oreille de Baum qui reste attentif. La peur se lit sur son visage. Ses yeux sont écarquillés comme pour mieux entendre. « Nous allons approcher une petite maison blanche, isolée et abandonnée depuis les faits, dans quelques minutes à peine ». Le vrombissement régulier de la locomotive devant eux se fait sourdement entendre et Franz...