L’après-midi tire à sa fin. La lune est haut dans le ciel bleu-nuit et pourtant il n’est que 18 heures. Les lumières qui s’allument dans les fenêtres, au loin, sont autant d’étoiles qui naissent dans ce paysage urbain bruyant. Je vois tous ces stambouliotes s’affairer dans les sillons nervurés de la ville-eau, coupée en son sein par le lourd grondement du Bosphore qui roule sous les vapours . A une terrasse de café, des hommes et des femmes sont assis sur des vieux petits tabourets de bois, autour de tables très basses. Des turcs se retrouvent pour discuter, derrière leurs tasses de café qui viennent d’être retournées sur leurs petites soucoupes respectives. Elles sont droites et blanches, petit arsenal érigé, côte à côte, sur les tables retentissantes et proche du sol. La confection de l’avenir se prépare dans le long monologue que s’apprête à faire le seul homme en habit traditionnel présent dans cet espace-ville. « Souvenez-vous ! » commence-t-il par dire à...