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Incantation contre le racisme pondéral

Exponentia adversus discriminationum magna pondus Racisme pondéral qui vient hanter les esprits de mes sœurs Qui leur donne ces regards foudroyants et accusateurs Débordant de haine et de mépris envers nos corps débordants Sœurs dont la peur fait renier l’intégrité physique et sacrifier l’intégrité mentale pour plaire Grossophobie évadée du tréfonds du Maître de la pub et qui veut tourmenter nos estomacs Nous t'enjoignons à quitter ce lieu aussi promptement que tu y es venu, Regagne ta boite de tubes cathodiques, et nous y ferons un grand feu pour brûler le Démon Anorexie Qui mange mes sœurs par l’intérieur et par la peur. Salve Regina, Salve Margarita et Tutti Quanti, Vive les calories choisies, Que ton fromage soit un hommage à la douceur demandée par nos palais ! Laisse-nous vivre en paix, Que la taille ne soit pas une limite, Cesse de brandir le 36 comme un trophée en stéréotype Barres-toi Monstre de Magnataillophobie et laisses my sisters be...

Pentagramme "A bene discordia" - Accords et désaccords

A bene discordia  A Isis, et à Alice ! A Agathè ! Entendez notre  acerbité ! A Olympe ! Oyez notre complainte ! A Trivia ! Ecoutez notre foi ! Ô Déesses parmi les Humaines, Humaines parmi les Prêtresses, Que vous ayez un triangle pileux ou épilé, des aisselles velues ou nues, Faites fourcher les langues des racleurs imposteurs du langage épicène ! Ont-ils demandé notre accord, ces adulateurs du vît ? Qu'on nous amène le masculin et qu'on le neutralise pour de bon ! Que leurs langues leur soient râpeuses et gluantes, qu’elles gonflent et qu’elles les empêchent de médire et de continuer à cacher nos sœurs en accordant au masculin. Ni vu, ni convenu, le neutre est baffoué ! Montrez la route et la voie, plutôt que le chemin et le sentier, vers l’équité ! Les œufs à ajouter aux haies ou les « e » au « é », les bœufs aux heures, les œufs au beurre… Nous donnons nos langues aux chattes qui l’emportent sur les mâles. Dévoilons la présence des femmes, ne retenons...

Incantation pour une masturbation réussie

Pentagramme onanique Dildoresque cône, dans le con blotti, retiens ton souffle pendant que le pied est pris ! Libre, affranchi, malléable ou rigide, mais si obéissant, petit Olisbos appareillé, tu fais ouïr l’extase dans la quiétude de la salle d’eau, ou à l’intérieur des draps. Tel un vit docile sur la place Vulva ou tel un volatile de plastique dans les buissons dorés du Mont Clitoridien, la Goddess Michou, ayant pour tête un gland en forme de derrière de canard, se dresse telle la coiffe d’Olympe à l’Assemblée. Glorieuse confidente de la moiteur souveraine, tu tires, te faufiles, t’énergises, à la pile électrique, pendant que le loup ou la louve n’y est pas. Qui dixit que non possum ? "Ergo venio per me, ergo sum ! ".  Godemichesse, dessines moi un cunnus ! A Ghadamés, je t’attends dans la médina artificielle pour faire exploser le feu des artifices. Illusoire hymen, hymen pas ? Hymen, pas du tout, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… On s’en fout du foutre. Am...

Alma Blue - IV - suite

Une route à l’asphalte brûlant fume sous les pieds nus d’Alma. Un tremblement chaud monte le long de ses jambes alors qu’elle avance d’un pas rapide sur le bitume. Un camion arrive ; elle ne le voit pas mais elle reconnait le frémissement qu’il produit sous la plante de ses pieds noircis par le goudron. Elle espérait le bus pour qu’il la conduise en ville et est déçue. Comme dans un déni évident, elle s’arrête un instant, se retourne en gardant les deux pieds plantés dans le goudron et le haut de son corps, lui, se contorsionne. Elle monte les bras autour de sa tête pour cacher ses yeux du soleil avec ses avant-bras et attend. De ses bras protecteurs pendent des sandales à lanières de cuir de plusieurs couleurs d’été. Elle attend que le monstre tremblant passe le virage. Quand elle attarde son regard au-dessus du goudron, l’horizon tremble aussi et elle voit apparaître, de derrière l’angle rocheux, un 3 tonnes 5 rouge qui semble gravir, désinvolte, la route de montagne. Aus...

Alma Blue - III - (suite)

« Je lace mes chaussures, je suis contente, je sifflote, et soudain je suis malheureuse parce que je me souviens. J’aimerais parfois être coincée dans l’oubli à jamais, sans rétablissement possible, profiter sans discernement de mon propre dysfonctionnement de mémoire. Avec le souvenir vient le chagrin. Il est ma peine à perpétuité. Mes barreaux sont l’absence et le manque. Le souvenir écarte béant ma cage thoracique et offre au néant une place pour s’y lover. Mes côtes, une à une écartelée, me font mal. Elles font monter dans ma gorge une boule qui voudrait éclater en sanglots. Mais ils restent là, dans ma gorge, comme si j’avais avalé une arme blanche coulée dans un alliage lourd et tranchant.  Pleurer, c’est s’apitoyer sur son sort, disait ma mère le jour où j’ai été conduite ici. J’aimerais pouvoir m’apitoyer mais je n’y arrive pas. Le discernement, toujours le discernement. Je n’ai plus de raison, on me considère comme une femme dépourvue d’esprit sain. Je suis enfe...

La valse des patates

Les ordres venaient de tomber. Le chefaillon venait de valider le prochain calendrier de commandes avec une incohérence vertigineuse et appuyait son incompétence par un rictus qui montrait un aplomb déconcertant. La moustache du magasinier était hirsute et ses joues étaient rouges d’incompréhensions. Les 10 heures qu’il venait de passer à tenter de terminer le chargement démesuré l’empêchait de tenir droit. La verticalité forcée et subie de la journée l’avait écrasé et son franc parlé s’évaporait pour se taire dans une retenue qui ne lui était pas coutume. Il pensait, dans 3 jours, je serai en liberté conditionnelle pendant 5 semaines et mieux valait se taire plutôt que faire des vagues maintenant. Il se demandait ce que  ses collègues pensaient de ce nouveau rythme. Allaient-ils objecter ? C’était à eux que s’adressait ce nouveau calendrier après tout. Devant l’absence de contestation, le supérieur se leva de son siège et fit le tour de son bureau. Le magasinier aurait voulu l’...

Alma Blue - II - (suite)

« Hé ho ? » la voix d’Alma vibrait dans le couloir sans lumière de l’institut. Elle approchait avec appréhension de la seule lueur qu’elle entrevoyait et qui attirait son œil perturbé par la pénombre subite. La lueur semblait onduler derrière l’une des portes entre-ouvertes du corridor. Le silence était si froid et si dense qu’Alma, qui habituellement l’adorait, en avait peur pour la première fois de sa vie. Elle continuait néanmoins d’avancer et tentait de s’approcher de la petite lueur tournoyante ; celle d’une bougie probablement. Elle fût attirée par cette lueur qui projetait de petits fantômes d’ombres dansant contre le mur du couloir. Mais plus elle s’en approchait et plus le couloir semblait s’étirer loin devant elle, relayant cette petite lumière au rang d’une petite tâche lumineuse au fond du couloir et faisant fuir les fantômes d’ombres. Avançant au pas, la peur au ventre mais néanmoins courageuse, Alma se mit à parler. D’abord elle marmonnait que...